#Brexit : les empires meurent aussi… ou pas!

Si je respecte la décision souveraine des citoyens britanniques, je suis triste du choix qu’ils ont posé, pour eux mais aussi pour nous. Des mois et années difficiles s’annoncent devant nous, avec une conjugaison funeste d’un nationalisme triomphant eune crise économique dans laquelle on risque de replonger avant même de nous en être complétement sortis.

Ce serait réducteur de croire qu’à présent que les empêcheurs d’avancer sont en train de claquer la porte, l’Union pourra enfin aller vers plus d’intégration etc. Le Royaume-Uni n’est pas la cause de l’état déplorable dans lequel se trouve l’UE. Le dire serait mal connaître les mouvements eurosceptiques au coeur même des gouvernements d’Europe de l’est ou dans les partis d’opposition d’Europe de l’ouest. De mêmes forces nationalistes anti-européennes, protectionnistes et xénophobes existent et menacent beaucoup d’autres pays de l’UE.

Je pense que la responsabilité incombe beaucoup à l’Europe elle-même, son manque de clarté et de lisibilité, son focus trop orienté vers le marché unique et pas assez sur les projets sociétaux communs, sa technocratie, ses incohérences et renonciations à ses valeurs (crise des migrants) et son aveuglement dans l’erreur de l’austérité comme seul remède pour sortir de la crise de 2008. Bref, tout cela contribue depuis longtemps à éloigner les Européens de leurs institutions et à semer de manière plus profonde et structurante les germes du désastre actuel.

Je crains qu’avec le #Brexit nous n’en sommes qu’au début s’il n’y pas un sursaut, un électrochoc, une réinvention et un réenchantement du projet européen et des institutions qui doivent le porter. La jeunesse a un rôle majeur dans ce cadre et les leaders d’aujourd’hui ont le devoir historique de lui faire la place qu’il lui revient.

Les empires meurent aussi… ou pas, à nous d’en décider: la réforme ou la fin!