« toutes les mosquées bruxelloises sont salafistes » dixit le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles

Le 22 mars dernier, alors que l’on commémorait les attentats de Bruxelles, le Bourgmestre de la ville, Yvan Mayeur, s’est fendu d’une interview bilan dans laquelle il déclarait entre autres que « toutes les mosquées bruxelloises sont salafistes ».

Voilà bien un propos totalement inapproprié dans la bouche d’un bourgmestre qui plus est le jour où l’on se souvient, en communion, des disparus parmi nos concitoyens, victimes de terrorisme islamiste d’inspiration salafiste. Un Bourgmestre est là pour rassembler, pour apaiser, et non pour cliver et monter les gens les uns contre les autres, en semant la suspicion. Car que veut-il dire par sa phrase choc? Que des terroristes dormants sont formés dans toutes les mosquées de la ville?
Mais que fait-il alors, avec son pouvoir administratif de police et surtout, son magistère d’influence? Que veut-il dire sinon jeter l’opprobre, semer le doute? Après des dénonciations unanimes y compris dans son propre parti, Yvan Mayeur a rectifié en proposant d’organiser les mosquées selon le système de « fabrique d’Eglise », avec une gestion financière contrôlée par les pouvoirs publics en contrepartie entre autre d’une intervention financière dans leurs déficits éventuels.
Là encore, il se trompe: son idée est certes bonne car elle a le mérite de mettre le culte musulman sur le même pied que les autres cultes reconnus, mais il n’a jamais que dix ans de retard: Cela existe en effet en Région bruxelloise depuis onze ans et plus de quatorze mosquées sont reconnues, quatorze autres sont en voie de l’être, sur les soixante-huit mosquées que compte Bruxelles. Cela montre sa méconnaissance manifeste du sujet et son approche purement idéologique de la question. Ce qu’il faut c’est plutôt pousser celles qui ne le sont pas à entrer dans le système et notamment en les accompagnant administrativement pour les volets urbanistiques notamment, qui relèvent du pouvoir communal. S’il veut agir, voilà une action concrète qu’il peut mener immédiatement. Pour illustrer sa position très idéologique à l’égard des cultes, sachez aussi qu’en devenant bourgmestre, il a mis fin au financement de projets de dialogue interconvictionnel lancés sous l’ancienne législature par ma collègue cdH Chantal Noël, initiatives favorisant la connaissance et le respect mutuel. Il n’a ré-enclenché le financement qu’au lendemain des attentats de Bruxelles…
La lutte contre le radicalisme mérite autre chose que des postures idéologiques contre les cultes. Ceux-ci ne doivent pas être vus comme des adversaires mais comme des alliés contre le radicalisme et l’extrémisme.